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Comment gérer les jalousies entre fratrie quand on a 4 enfants d’âges différents

par mamande4
Comment gérer les jalousies entre fratrie quand on a 4 enfants d'âges différents

« C’est pas juste, lui il a le droit ! » « Pourquoi tu t’occupes toujours plus d’elle ? » « T’as vu, maman elle lui fait des câlins et pas à moi !« 

Ces phrases, je les entends plusieurs fois par jour. Avec quatre enfants entre trois et onze ans, la jalousie fait partie du paysage quotidien. Et certains jours, j’avoue que c’est vraiment fatigant.

Je ne vais pas vous raconter que j’ai trouvé la formule magique pour que tout le monde s’entende tout le temps. Ça n’existe pas. Mais après des années de tâtonnements, j’ai développé quelques stratégies qui fonctionnent plutôt bien chez nous.

Alors je vous partage ce qui marche, ce qui ne marche pas, et surtout ce que j’ai compris sur la jalousie entre frères et sœurs.

D’où ça vient, toute cette jalousie ?

Au début, j’étais un peu désemparée. Pourquoi ils ne peuvent pas juste s’aimer et être contents les uns pour les autres ?

Et puis j’ai compris que c’est normal. La jalousie, c’est leur façon de vérifier qu’ils ont bien leur place, qu’ils sont aimés autant que les autres. C’est maladroit, c’est épuisant, mais c’est finalement assez logique.

Avec quatre enfants d’âges différents, les besoins ne sont pas du tout les mêmes. Ma grande veut de l’autonomie et de la confiance. Les jumeaux de sept ans ont leur propre dynamique de duo. Le petit réclame encore beaucoup de présence physique.

Et chacun observe ce que je donne aux autres. Chacun a peur de passer à côté de quelque chose.

Le vrai défi, c’est de leur faire comprendre que l’amour ne se divise pas entre eux. Qu’on peut aimer différemment sans aimer moins.

J’ai arrêté d’être juste à tout prix

Pendant longtemps, je me suis épuisée à compter. Un bonbon pour l’un, alors un bonbon pour chacun. Dix minutes avec l’une, alors dix minutes avec chaque autre.

J’étais en mode comptable permanente. Et devinez quoi ? Ça ne marchait pas mieux.

J’ai fini par réaliser que juste ne veut pas dire pareil. Parfois, l’un a besoin de plus d’attention parce qu’il traverse un moment difficile à l’école. L’autre a besoin de plus d’autonomie parce qu’il grandit.

Maintenant, j’essaie d’être équitable plutôt qu’égalitaire. Et j’explique aux enfants. « Oui, ton frère sort seul parce qu’il a onze ans. Toi aussi tu pourras quand tu auras son âge. En attendant, tu as le droit de faire plein de choses qu’il ne peut plus faire parce qu’il est trop grand. »

Je ne dis pas que ça règle tout. Mais au moins, j’ai arrêté de me rendre folle à vouloir tout mesurer au millimètre.

Le temps en tête-à-tête, c’est ce qui change tout

Là, c’est vraiment mon conseil numéro un. Une ou deux fois par mois minimum, j’essaie de passer un moment seule avec chaque enfant.

Ça peut être un petit-déjeuner à deux pendant que les autres dorment le samedi matin. Une sortie au parc juste nous deux. Un moment sur le canapé pendant que les autres sont occupés ailleurs.

Ces moments-là, c’est du temps où l’enfant a toute mon attention. Pas de téléphone, pas de « attends je vais voir ton frère », pas de partage. Juste lui et moi.

L’effet que ça produit ? C’est spectaculaire. Depuis que je fais ça régulièrement, les tensions ont vraiment diminué. Ils sont plus patients, moins dans la réclamation permanente d’attention.

Parce que chacun sait qu’il aura son moment à lui. Qu’il n’est pas en compétition avec les autres pour avoir du temps avec maman.

Mon mari fait pareil de son côté. On essaie de varier pour que chacun ait des moments avec papa et avec maman.

Je ne vais pas vous mentir, c’est un sacré casse-tête d’organisation. Mais honnêtement, c’est ce qui a le plus changé l’ambiance à la maison.

Chacun a sa place, personne n’est pareil

Dans une famille nombreuse, il y a un vrai risque de se sentir juste « un parmi d’autres ». Alors j’essaie vraiment de valoriser ce qui rend chaque enfant unique.

Ma grande, c’est celle sur qui je peux compter, la responsable. Les jumeaux ont leur complicité à eux, leur langage secret. Le petit, c’est le rigolo qui détend l’atmosphère.

Attention, je ne les enferme pas dans des rôles figés. Mais je prends le temps de leur dire ce que j’apprécie chez eux. « Tu sais ce que j’aime chez toi ? C’est que tu arrives toujours à trouver des solutions quand il y a un problème. »

Ces petites phrases, ça les aide à se sentir vus pour ce qu’ils sont vraiment. Pas juste comme un enfant parmi quatre.

Les comparaisons, c’est terminé

Chez nous, j’ai instauré une règle stricte : on ne compare pas les enfants entre eux.

« Pourquoi tu ne ranges pas ta chambre comme ta sœur ? » J’essaie de ne plus jamais dire ça. Même si parfois ça me démange.

« Lui au moins il écoute quand je parle ! » Pareil. Banni.

Et même les comparaisons positives, j’évite. « Tu es le plus gentil » peut donner l’impression aux autres qu’ils ne le sont pas assez.

À la place, j’essaie de valoriser les progrès de chacun. « Bravo, tu as réussi à finir ton assiette tout seul ! » Pas par rapport aux autres. Par rapport à lui-même.

C’est difficile parce que les comparaisons, elles viennent naturellement. On est formatés comme ça. Mais vraiment, ça change beaucoup de choses.

L’entraide plutôt que la compétition

Avec quatre enfants, la maison pourrait facilement devenir une arène. Pour éviter ça, j’encourage au maximum l’entraide entre eux.

« Tu pourrais montrer à ton petit frère comment on fait ? » « Et si tu aidais ta sœur qui galère un peu ? »

Quand je les vois s’entraider spontanément, je souligne toujours. « C’est super ce que tu viens de faire pour ton frère, il était vraiment content. »

Pareil quand ils jouent bien ensemble. « Vous avez construit une belle cabane tous les deux, vous formez une sacrée équipe ! »

L’idée, c’est de créer un esprit d’équipe. De leur montrer qu’ils sont plus forts ensemble que les uns contre les autres.

Ça ne marche pas tout le temps. Mais ça plante des graines.

Ils ne s’entendent pas toujours (et c’est normal)

Autant être honnête : mes enfants ne s’adorent pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ils se disputent, ils se cherchent, ils s’agacent mutuellement.

Et c’est complètement normal.

On ne peut pas forcer des enfants à être complices en permanence, surtout avec des âges et des personnalités différentes. Ma grande de onze ans n’a pas les mêmes centres d’intérêt que le petit de trois ans. C’est évident.

Ce que j’essaie de leur apprendre, c’est à gérer les conflits de manière respectueuse. On a le droit de ne pas être d’accord. On a le droit d’en avoir marre de son frère. Mais on n’insulte pas, on ne tape pas, on ne dit pas de méchancetés.

Je les laisse aussi régler leurs petits conflits entre eux sans intervenir systématiquement. Sauf si ça dégénère, bien sûr. Mais souvent, ils trouvent des solutions tout seuls.

Ce qui ne marche pas (parce qu’on n’est pas parfaits)

Il y a des jours où tout ce que j’ai écrit au-dessus part en fumée. Où je m’énerve parce qu’ils n’arrêtent pas de se chamailler. Où je n’ai pas la patience de gérer leurs jalousies avec bienveillance.

Il y a des moments où je ne suis pas équitable du tout. Où l’un reçoit beaucoup plus d’attention parce que c’est lui qui en a besoin là, maintenant, tout de suite.

Et certaines jalousies sont vraiment tenaces. Entre les jumeaux notamment, parce qu’ils sont toujours comparés par les autres. À l’école, dans la famille élargie. C’est compliqué à gérer.

Mais j’essaie. Je fais ce que je peux avec l’énergie et la patience que j’ai. Certains jours c’est mieux que d’autres.

Ce que j’ai vraiment compris

Au final, ce qui apaise le plus la jalousie, c’est de montrer à chaque enfant qu’il a sa place unique dans la famille. Qu’il est aimé pour ce qu’il est. Qu’il n’est pas en compétition avec les autres.

La jalousie ne disparaîtra jamais complètement. Et c’est même plutôt sain qu’elle existe un peu. Ça fait partie de la vie de fratrie, ça apprend à gérer la frustration, à partager, à composer avec les autres.

Mais on peut vraiment adoucir les tensions en créant un climat où chacun se sent en sécurité et reconnu.

C’est un travail de tous les jours. Ça demande de l’attention, de la patience, de l’énergie. Mais quand je vois mes quatre enfants jouer ensemble, rigoler, se consoler mutuellement, je me dis que ça vaut le coup.

Et vous, comment vous gérez les jalousies chez vous ?

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